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Un trésor vieux de près de 1.000 ans
Le trésor de Saint-Hilaire contenait près de 80 pièces dont une partie issue de l’atelier monétaire de Melle.
Découvert pendant les travaux de 2010, le dépôt monétaire de Saint-Hilaire a fait l’objet d’une conférence et d’une exposition.
Lors des travaux au sein du chœur de l’église Saint-Hilaire, en 2010, la société chargée d’assurer la surveillance archéologique avait mis au jour un véritable trésor. Près de 80 pièces, déposées ici entre 1113 et 1120. Dans le cadre des rendez-vous autour du 20e anniversaire du label de l’Unesco pour cette église étape vers Compostelle, la municipalité et le Pays d’art et d’histoire ont organisé une conférence autour de cette découverte, animée par Arnaud Clairand, numismate professionnel à Paris.
L’intérêt historique « Mon travail est d’expertiser et d’étudier pour remettre en contexte, parfois je fais de la restauration pour rendre les pièces plus lisibles. » De l’expertise mais également de la recherche, Arnaud Clairand est associé au centre d’études de civilisation médiévale de Poitiers. C’est à lui qu’a été confié ce véritable trésor. « Ce dépôt monétaire a été trouvé dans un emplacement qui avait été curé au XIXe siècle. Il restait un lambeau de terre au pied d’une colonne, c’est là qu’ont été trouvées ces pièces. Une vraie surprise. »
Pas de pièces inconnues dans cette découverte mais tout de même quelques belles particularités. « Certaines monnaies avaient des marques d’émission, le type était donc connu mais pas les variantes. C’est grâce à ces marques qu’on a pu dater aussi précisément la période de l’enfouissement. La chronique de Saint-Maixent évoque des monnaies frappées à partir de 1112 avec des grains, on ne savait pas ce qu’étaient ces grains, sur les monnaies trouvées ici il y a deux gros points, ce sont les grains en question. »
La question qui vient à l’esprit après la découverte est bien sûr celle de savoir ce que ces pièces faisaient là. « A cette époque il n’y avait pas de banque à qui confier ses économies, on les gardait donc sur soi ou on les cachait dans sa maison. » En trouver dans une église signifie qu’un pèlerin a pu les y cacher et est sans doute décédé avant de pouvoir les récupérer.
Que faire quand on trouve un trésor ? « C’est l’intérêt historique qui doit primer. La première chose à faire est de photographier toutes les monnaies afin de pouvoir préserver l’information scientifique et archéologique de manière à ce que ça puisse être étudié par les générations futures qui seront sans doute capables de repérer plus de choses que nous. » Vis-à-vis de la loi, le bien découvert peut être conservé par les services de l’État pendant un maximum de cinq ans avant d’être restitué. « En étant expertisé, le bien est valorisé. Il arrive parfois que l’Etat fasse une proposition de rachat pour le confier à un musée. » Depuis 2016, une nouvelle loi vient compliquer les choses. Elle dit que quel que soit le lieu, la découverte appartient à l’État. Conséquence logique, ceux qui trouvent ne déclarent pas. Des trésors sont ainsi vendus à l’étranger et échappent totalement au patrimoine national.
Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.