Bonjour,
Cette 10 centimes est d'un aspect bizarre.
La couleur fait penser à un mauvais alliage et est trop légère avec seulement 8.81gr et l'image est un peu "floue".
Est-ce qu'il s'agit d'un faux d'époque ou (moins probable) de l'utilisation d'un mauvais flan?
Merci pour vos remarques.
Je pense aussi à une fausse pour servir, mais je suis quand même surpris que des pièces de faible valeur aient été imitées.
Le but est qd même de gagner de l'argent en faisant de fausses pièces.
Sur une 5 francs en bronze laiton, il y a une belle marge, mais sur une 10 centimes, je ne vois pas nécessairement l'intérêt.
La question de Maudry m'a trotté dans la tête toute la journée et j'avais les mêmes réserves que lui:
pourquoi prendre le risque du bagne à vie (peine pour le faux monnayage des monnaies de cuivre d'après le code pénal de 1810, voir lien ci-dessous) ?
surtout quand le salaire sous Napoléon III était de 2 à 5 francs par jour pour un ouvrier à Paris (soit pour une journée de 12 heures, 10 centimes représentent le salaire de 15 minutes de travail)
et que le pain, nourriture de base de l'époque coûtait 50 centimes le kilo (soit 10 centimes = 200 grammes, moins qu'une baguette de 250 grammes)
La réponse est peut-être dans la crise économique de 1857-1858, qui a fait que le risque en valait peut-être la chandelle ? Ce qui nous ramènerait au "bon juge Magnaud" et à l'affaire Louise Ménard ;-)
Les dix francs génie de la Bastille des années 90 ne devaient pas avoir un bien plus grand "pouvoir d'achat" que cette dix centimes de 1861. Pourtant combien de fausses pièces de ce type ont été produites!
En réfléchissant bien, il n'est pas sûr que le quotient risque sur gain devait être plus fort au XIX siècle qu'au XX.
En effet, même si les peines étaient bien plus lourdes au XIXème, rares étaient ceux qui crevaient littéralement de faim à la fin du XXème siècle comparé à la misère des masses industrieuses entre 1840 et 1900.
Les maigres gains de ces fausses pièces pouvaient peut être faire la différence entre la vie et la mort pour ceux en bout de chaîne de cette production faussaire.