Dans son célèbre "Éthique à Nicomaque", Aristote énonce 3 propriétés, reconnues encore aujourd'hui, qui nous permettent de définir la notion de "monnaie" :
• Unité de compte : qui permet d’exprimer la valeur de n’importe quel bien.
• Intermédiaire dans les échanges : qui nous évite d’avoir recours au troc.
• Fonction de réserve de valeur : On peut la conserver pour l’utiliser plus tard.
Dans nos sociétés contemporaines, la monnaie prend la forme de pièces et de billets de banque, qui répondent à ces 3 propriétés de la monnaie.
Néanmoins, les pièces et billets ne sont pas faits en or ou en un quelconque métal précieux ! La fonction de réserve de valeur que nous conférons à nos euros ne vient donc pas de leur composition mais de la confiance que nous avons dans la possibilité d’un échange ultérieur contre des biens et services.
D’ailleurs, les billets et pièces sont appelés "monnaie fiduciaire" qui a pour étymologie "fiducia", la confiance en latin.
Ainsi, la confiance est primordiale en ce qui concerne la monnaie fiduciaire qui n'a pas de valeur intrinsèque. C’est ce sentiment qui nous autorise à échanger un bout de papier, le billet, contre un livre chez le libraire. En effet, le bouquiniste sait, qu’à son tour, il pourra échanger ce papier contre ce dont il aura envie plus tard. Cette confiance accordée à notre monnaie, l’euro, parait naturelle mais il est aisé de concevoir dans quelles circonstances ce sentiment pourrait arrêter de nous habiter : il suffirait tout simplement que nos euros ne répondent plus à la fonction de réserve de valeur que nous lui conférons. Si un jour le bouquiniste se met à penser que les euros que nous lui tendons ne valent rien, il les refusera. Nous nous rendons ainsi compte que c’est l’existence d’une fonction de réserve de valeur qui induit la confiance chez notre commerçant.
Ça c'est la définition qu'on donne à la monnaie qui repose sur notre confiance en elle. Or si on n'avait confiance en la monnaie traditionnelle en or et en argent c'est parce que sa réserve de valeur était réelle. Dans le cas de la monnaie moderne, fiduciaire, de métaux non-précieux et de papier, ce n'est pas la confiance qui nous fait l'utiliser mais la contrainte. En effet, l'or et l'argent ne sont plus autorisés à être utilisés comme monnaie depuis les Accords de la Jamaïque signés le 8 janvier 1976.
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