Dispersée samedi, l’exceptionnelle collection d’un numismate troyen a rassemblé sur la plateforme Interenchères des acquéreurs du monde entier. Elle atteint 1 636 243 € frais acheteurs compris. Le produit de la vente sera reversé à L’Arche. Tous les lots ont été vendus, ce qui est remarquable.
Relayée en ligne et en live par la plateforme Interenchères, la vente s’est adressée aux numismates du monde entier.
La numismatique – l’étude des monnaies - est un des auxiliaires de l’archéologie et de l’histoire. Elle intéresse un public certes limité mais qui vit la recherche et l’étude des monnaies comme une véritable passion.
La vente organisée samedi 02 décembre chez Ivoire Troyes l’a amplement démontré.
Une vente au bénéfice de L’Arche
Exemple, dès 10 h 35, le marteau de Léonard Pomez tombe à 3 400 € pour le lot 93 (estimé de 1 800 à 2 500 €). C’est un double henri d'or, 1er titre, frappé à Rouen en 1558, à l’effigie du roi Henri II et jugé « presque très beau », qui va enrichir une nouvelle collection.
Des enchères rapides, soutenues, qui doublent souvent l’estimation et qui vont crescendo.
Le Lot 105, cédé à 10 h 46. Un écu d'or au soleil du Dauphiné à l’effigie de Charles IX, (estimé de 2 500 à 3 000 €), frappé à Grenoble en 1566 et jugé « un peu rare », part à 5 800 €. C’est-à-dire 5 800 € pour fort peu d’or (3,3 g d’or) mais une très histoire riche.
Le rythme n’a guère faibli. En fin de journée, les acquéreurs ont encore du souffle. Peu avant 18 h, le lot n°508 (estimé de 600 à 800 €), consacre la IIIe République. Une poignée de pièces « d’essai » de 2 francs, 1 franc, 50 centimes, des années trente et de métaux divers, s’envole à 6 500 € !
« Notre père a acheté sa première monnaie à 17 ans et il a poursuivi sa collection jusqu’à sa mort à 97 ans. Il voulait être archéologue, la guerre en a décidé autrement. Après des études scientifiques, il s’est marié et a fondé une famille. La numismatique lui a permis de développer son goût profond pour l’histoire. Il a ainsi pu constituer une collection de monnaies françaises hors du commun par son étendue et sa variété », explique sa famille. Mais l’homme n’était pas simplement un numismate avisé. Il avait aussi un grand cœur. « Vendre sa collection et en donner les bénéfices à une œuvre caritative, L’Arche, destinée aux handicapés, c’est rester dans son esprit de partage, et aussi donner aux plus démunis », poursuivent ses proches.
Une collection exceptionnelle
La collection était considérable puisqu’elle réunissait plus de 3 500 monnaies françaises, du IXe au XXe siècle. Une « collection hors du commun » mais aussi « l’œuvre d’une vie, réalisée de manière scientifique avec précision et méthode », expliquait Sabine Bourgey, experte de la vente.
« Cet ensemble est étonnant par le nombre et la diversité des pièces réunies, avec une volonté, particulièrement pour la période allant du XVIIe siècle au XIXe, de réunir des ensembles complets du monnayage français de l’époque. La collection était remarquable également par son ensemble de monnaies carolingiennes et par la variété des essais », précisait encore l’experte qui avait estimé sa valeur à plus de 700 000 €.
La vente a donc plus que doublé le montant de l’estimation..