50 ans de la Monnaie de Paris à Pessac : la demande de pièces étrangères et de collection ne cesse de croître
Malgré une baisse de l’utilisation de l’euro en liquide, la Monnaie de Paris diversifie ses activités en misant sur les pièces étrangères, celles de collections, ou encore l’immobilier, à travers son futur campus de la monnaie
Ce n’est pas si souvent que la Monnaie de Paris ouvre ses portes. Du moins celles de son site de production de Pessac (Gironde), qui fête ses 50 ans ce mois-ci. Le complexe de 13 300 mètres carrés, inauguré en septembre 1973 et basé sur le site Bordeaux Inno campus, est ultra sécurisé. Les portiques et les agents de sécurité sont là pour rappeler que le site industriel produit toujours une grande quantité de valeur monétaire. Malgré son nom, la Monnaie de Paris produit toutes les pièces de monnaies courantes à Pessac. L’autre partie historique de l’entreprise, basée à Paris, produit essentiellement des pièces de collection.
Pendant deux jours, l’usine de Pessac s’est mise à l’arrêt, vendredi 22 et samedi 23 septembre, à l’occasion de ses 50 ans, afin de faire visiter le site à ses 350 collaborateurs parisiens et pessacais. Si la Monnaie de Paris doit faire face depuis plusieurs années à une baisse des commandes de pièces par l’État, en raison d’une chute de l’utilisation de l’argent liquide au profit des paiements dématérialisés, l’institution monétaire française a encore de l’avenir.
1,3 milliard de pièces par an
« Paradoxalement, nous produisons 1,3 milliard de pièces par an, soit plus qu’avant. Nous avons compensé la baisse de production de l’euro par une hausse de la production de monnaies étrangères, qui représentent 20 % de notre chiffre d’affaires », précise le PDG Marc Schwartz. La plupart de ces pièces étrangères sont exportées vers des pays d’Afrique de l’ouest et centrale, d’Amérique du Sud et du Moyen-Orient. Et la demande ne cesse de croître.
Mais face à la concurrence anglaise, tchèque, finlandaise ou russe, la Monnaie de Paris se diversifie en misant sur son savoir-faire. Elle vend de plus en plus de pièces de collection grâce à la qualité de la création artistique française (40 % de hausse entre 2017 et 2022). « L’entreprise développe également une monnaie d’investissement, en or ou en argent, pour les Français ou les épargnants du monde entier qui souhaitent acheter des monnaies pour faire des placements à long terme », poursuit Marc Schwartz.
La Monnaie de Paris, dont la production se concentre principalement à Pessac, en Gironde, a réussi à faire face à la baisse des commandes de l’État et à la chute de l’utilisation d’argent liquide en diversifiant ses activités. L’entreprise vient de fixer ses ambitions à l’horizon 2027
Projet de campus
Le vieux bâtiment en béton qui abrite l’usine devra lui aussi être modernisé. À travers un investissement de 12 millions d’euros sur cinq ans, la Monnaie de Paris prévoit de prolonger sa durée de vie de 50 ans. La toiture sera refaite et des panneaux solaires recouvriront tout le toit et le parking, afin d’être autosuffisant. Un investissement de deux à quatre millions d’euros sur dix ans permettra également de renouveler les équipements de fabrication.
La Monnaie de Paris prévoit d’aménager puis de louer une partie de son site de Pessac et d’inaugurer une première phase en 2026. Ces locaux seront réservés à des entreprises innovantes, des start-up ou des bureaux
L’institution monétaire mise aussi sur un projet immobilier : son futur campus de la monnaie, une surface de 45 000 mètres carrés au cœur de Bordeaux Inno campus, qui permettra d’accueillir des entreprises high-tech, des start-up ou des laboratoires (jusqu’à 1 000 personnes au total). « Une part de notre chiffre d’affaires proviendra des loyers payés par les entreprises », assure Marc Schwartz. Selon le PDG, tous ses projets devraient permettre de passer de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022 à 200 millions d’euros d’ici 2027.