Pièces de monnaie et abeilles

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https://www.geo.fr/histoire/pourquoi-nombreuses-pieces-monnaie-a-travers-histoire-ont-ete-frappees-avec-abeilles-miel-valeur-nutrition-215880

 

Pourquoi de nombreuses pièces de monnaie à travers l'Histoire ont été frappées avec des abeilles ?

Un chercheur australien s'est penché sur la présence récurrente de l'abeille sur les pièces de monnaie à travers les siècles. Il suggère que cette représentation pourrait être dû au goût sucré du miel, qui renforce le lien entre cette substance de valeur et l'idée abstraite de richesse, matérialisée par l'argent.

Des pièces du royaume de Macédoine vieilles de 2 400 ans à celles émises en 2022 par la Monnaie royale australienne (Royal Australian Mint), en passant par celles adoptées par la cité antique d'Éphèse au Ve siècle avant notre ère… De tout temps, il semblerait que frapper les monnaies de la représentation d'une abeille ait été une pratique courante.

Ce constat a mené le professeur agrégé Adrian Dyer, de l'université Monash (Australie), à se poser la question suivante : à quoi est due cette relation si étroite entre ces hyménoptères bien précis – et par extension, leur miel – et l'argent ?

Dans une étude parue dans la Australian Coin Review et expliquée dans un article de The Conversation du 24 juillet 2023, le chercheur suggère une raison scientifique pour laquelle le cerveau humain aurait "naturellement établi un lien entre les insectes mellifères et l'idée abstraite de valeur", écrit-il. Et cela pourrait initialement provenir de notre appétence pour le goût sucré.

 

Des premières pièces aux premières images d'abeilles

La première forme de monnaie, qui n'est plus du troc ou de l'échange d'avoine, est apparue aux alentours de 3 000 av. J.-C. en Mésopotamie : le "shekel" – c'est d'ailleurs aujourd'hui le nom de la monnaie israélienne – mésopotamien, des anneaux d'argent d'à peu près 20 grammes.

Les premières pièces similaires à celles aujourd'hui utilisées sont quant à elles apparues bien plus tard, en Anatolie (Asie Mineure) vers 650-600 av. J.-C. Les élites de Lydie et d'Ionie se servent de l'électrum, rare alliage d'argent et d'or pour commercer et payer leurs armées. Mais les premières estampées le seront sous l'impulsion de Crésus, roi de Lydie, qui eut l'idée d'appliquer son sceau directement sur le métal, et non sur la cire à l'extérieur de la bourse.

Ces pièces de monnaie, manifestation physique de l'argent permettant l'échange de biens ou de services, "ont joué un rôle central dans de nombreuses communautés pour permettre un commerce efficace depuis l'Antiquité", explique Adrian Dyer.

 

D'autant que leur durabilité en fait d'importantes capsules temporelles ; la numismatique (étude des monnaies) apporte de cette façon aux archéologues de précieux indices sur un site.

Ainsi, de premiers écus fabriqués en Europe et portant des images d'abeilles ont été retrouvés datant de la Grèce antique. L'expert cite notamment une obole (unité monétaire de cette période) en argent, frappée en Macédoine entre 412 et 350 av. J.-C. – et conservée au British Museum (Londres, Angleterre), avec le pollinisateur sur un côté de la pièce.

Ailleurs dans le monde grec antique, ces insectes figurent également sur de la monnaie, en témoigne une pièce en bronze frappée à Éphèse (actuelle Turquie) entre 202 et 133 av. J.-C. À travers les siècles, cette pratique semble s'être étendue et diffusée, si bien que "de nouvelles variétés [de pièces] continuent d'être découvertes", indique Adrian Dyer.

 

Le miel, une substance à grande valeur

Mais comment expliquer qu'une telle représentation des abeilles sur des pièces ait tant parlé aux humains en premier lieu ? "Une approche de cette question vient du domaine de la neuro-esthétique, qui cherche à comprendre nos goûts en comprenant les processus cérébraux de base qui sous-tendent l'appréciation esthétique", introduit-il.

Selon l'expert, cela pourrait s'expliquer… par le goût sucré du miel. Il part en effet d'une théorie de la primatologue Jane Goodall qui, observant des grands singes employer des baguettes de bois pour récupérer le miel des abeilles, a proposé que l'obtention d'une alimentation riche en calories à partir de cette substance puisse avoir été une étape importante dans le développement cognitif des primates.

Le goût sucré du miel, révélateur de la grande quantité de fructose qu'il délivre, pourrait favoriser une activité neuronale positive dans notre cerveau (de l'amour, en quelque sorte) associée aux abeilles.

"L'utilisation précoce des abeilles sur les pièces de monnaie a peut-être été une illustration fonctionnelle du lien entre une valeur connue (le miel) et une nouvelle forme de monnaie : les pièces comme monnaie", conclut Adrian Dyer dans l'article de The Conversation.

 

Aujourd'hui, symbole de durabilité environnementale

"La diversité des pays utilisant les abeilles comme élément de conception tout au long de l'histoire des pièces de monnaie suggère que les gens apprécient depuis longtemps la relation avec les abeilles comme essentielle à notre propre prospérité", ajoute-t-il. De nos jours d'ailleurs, l'utilisation des abeilles comme élément de conception a persisté.

Le chercheur donne comme exemple une pièce de 20 seniti des Tonga, éditée en 1968 et 1974 avec vingt abeilles volant hors d'une ruche. Un choix pertinent compte tenu de la situation environnementale actuelle : la série a été initiée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), afin de promouvoir le développement agricole durable dans le monde.

"Les abeilles et les autres pollinisateurs contribuaient de manière importante aux services écosystémiques, à la sécurité alimentaire, à la nutrition", souligne encore l'organisation. Son directeur actuel, M. Qu Dongyu, explique que "selon les estimations, la valeur des services rendus par la pollinisation à la production alimentaire mondiale s'élève à 600 milliards de dollars chaque année".

En effet, leurs efforts de pollinisation contribueraient à environ un tiers de la nourriture nécessaire pour sustenter toutes les populations de notre planète. Ces petits insectes rayés se trouvent toutefois aujourd'hui menacés par le changement climatique et d'autres facteurs environnementaux.

"La sensibilisation du public aux abeilles et la durabilité environnementale pourraient bien être des facteurs de l'intérêt actuel pour les pièces de monnaie d'abeilles", suggère ainsi Adrian Dyer.

Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.

bonjour,

une boulette de ma part avait lancé Joe sur une petite liste non exhaustive de l'utilisation de l'abeille comme différent de graveur, voir ici : https://fr.numista.com/forum/topic126739.html

Tout comme le miel, la monnaie permet de se sucrer

BOINC

crêpe au miel c'est pas mauvais non plus !

Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.

Bonsoir 

 

Certaines représentations sont assez sympa , là c est sur un jeton en petit état  de Louis XIV 

N#290016

 

Yofi 

Post mea mansurum fata superstes opus
"Ovide"

Le commentaire de ce jeton fournit le rapport qui existe entre l'abeille et le monarque

et il obscurcira la future paire de dons et d'armes : si le feu devait dissoudre ce qu'il a donné aux inhumains pour leur poids, les masses d'argent pourraient être les lacs et les rivières du pays.

( ça c'est de la numismatique )

Le rapport actuel entre le miel et le jeton se trouve plus bas, dans les petites cases vides

BOINC

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