LE TRÉSOR PILLÉ DU PRINCE-DE-CONTY, UN NAVIRE ÉCHOUÉ AU LARGE DU MORBIHAN, ENFIN RETROUVÉ

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https://www.bfmtv.com/societe/le-tresor-pille-du-prince-de-conty-un-navire-echoue-au-large-du-morbihan-enfin-retrouve_AD-202206160355.html

 

Les lingots d'or, d'une valeur de 220.000 euros, ont été retrouvés après être apparus sur le catalogue d'une maison de vente américaine. Trois Français ont été mis en examen pour vol et recel.
Des lingots d'or retrouvés plus de 350 ans après avoir coulé au fond de l'eau. Trois suspects ont été mis en examen le 18 mai, après le vol et le recel aux États-Unis, en Suisse ou au British Museum de Londres de cinq lingots d'or provenant du Prince-de-Conty, un navire naufragé en 1746 au large du Morbihan, a annoncé mercredi la procureure de la République de Brest Camille Miansoni.

Les lingots, d'une valeur de quelque 230.000 dollars américains (soit 220.000 euros), sont apparus sur le catalogue d'une maison de vente californienne, qui prévoyait de les mettre aux enchères début 2018. Alertées par la France, les autorités américaines repèrent le témoignage d'une Américaine dans une émission de télévision, dans laquelle elle assure avoir découvert par hasard des lingots "lors d'une plongée", rapporte Le Parisien.

La femme est retrouvée et elle reconnaît avoir obtenu en réalité le trésor auprès d'une Française mariée à un Américain. Les lingots sont identifiés et restitués à Paris, lors d'une cérémonie organisée en mars à Washington.


Les trois suspects encourent jusqu'à 15 ans de prison
Les suspects sont un couple et une femme tous trois de nationalité française et âgés de plus de 70 ans et "liées par des relations familiales et d'affaires, auquel appartient la vendeuse des lingots aux Etats-Unis", selon France 3 Bretagne.

L'homme mis en examen est un ancien plongeur-photographe professionnel déjà suspecté, mais mis hors de cause, dans un procès qui s'était tenu en novembre 1983 à Lorient dans une affaire de pillage de la même épave.

Ils ont été placés sous contrôle judiciaire et encourent jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle, a précisé Camille Miansoni, lors d'une conférence de presse, ajoutant que l'instruction se poursuivait car des objets pillés se trouveraient encore à l'étranger.

 

Le British Museum épinglé
Lors de sa garde à vue, le couple a reconnu son implication "dans la récupération des lingots et également leur vente en Suisse et aux États-Unis", tandis que la femme a contesté toute implication, selon le procureur.

"Des grands établissements culturels de renommée internationale, en particulier le British Museum, ont acquis auprès de personnes appartenant au groupe identifié - et les détenaient encore - des lingots et des objets provenant de l'épave du Prince-de-Conty", a assuré Camille Miansoni, dont la juridiction est spécialisée dans les affaires littorales (Julis).

"Les demandes de restitution transmises, notamment au British Museum, sont restées à ce jour, curieusement et avec regret, infructueuses", a-t-il ajouté.
Le British Museum est déjà en bisbilles avec la Grèce à cause de marbres du Parthénon de l'Acropole d'Athènes dont le pays demande depuis de nombreuses années la restitution. Hasard du calendrier, le prestigieux musée s'est dit mercredi ouvert à un accord avec Athènes.


Des commissions rogatoires internationales ont été émises à destination de la Grande-Bretagne, mais également des États-Unis et de la Suisse dans le cadre de l'enquête ouverte en février 2020 à Brest.

Un naufrage en 1746 au large du Morbihan
De retour d'Extrême-Orient, le Prince-de-Conty avait fait naufrage le 3 décembre 1746 par une nuit de tempête et de brouillard, près de Belle-Ile-en-Mer, au large du Morbihan. Des 229 hommes à bord, seuls 45 survécurent.

Immergée par 10 à 15 mètres de fond, dans une zone de forts courants et particulièrement difficile d'accès, l'épave était tombée dans l'oubli jusqu'à sa découverte en 1974 par un enseignant.

Elle avait ensuite été pillée, avant une expertise professionnelle qui avait observé des milliers de fragments de porcelaine de Chine du règne de l'empereur Qianlong (1736-1795), des restes de caisses de thé ou encore trois petits lingots d'or chinois.

 

Les lingots restitués à Brest
Les cinq lingots ont été restitués officiellement mercredi à Brest, en même temps que quelques fragments d'objets en porcelaine provenant également du Prince-de-Conty, au Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), le service chargé d'inventorier le patrimoine immergé en France.

"Aujourd'hui, qu'on ait ces vestiges qui rentrent dans les collections publiques c'est une vraie satisfaction", a réagi Olivia Hulot, archéologue maritime au Drassm.

"Les navires de la Compagnie des Indes c'est une page particulière de notre histoire maritime", a-t-elle souligné, précisant que les vestiges d'un seul d'entre-eux, le Prince-de-Conty, avaient été retrouvés pour l'heure le long des côtes françaises.

Les lingots restitués sont décorés pour certains d'idéogrammes chinois symbolisant la prospérité. Ils étaient utilisés comme monnaie par la Chine pour acheter des biens provenant de France.

Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.

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https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/finistere/brest/pillage-du-prince-de-conty-la-justice-confirme-la-saisie-du-navire-du-couple-soupconne-de-recel-de-lingots-d-or-2786314.html

 

La Cour de cassation a confirmé la saisie du navire du couple de septuagénaires brestois soupçonnés de recel de lingots d'or pillés sur l'épave du Prince de Conty, qui avait fait naufrage en 1746. Les époux avaient été mis en examen en mai 2022.

La Cour de cassation a confirmé la saisie du navire du couple de septuagénaires brestois soupçonnés de recel de lingots d'or pillés sur l'épave du Prince de Conty,  a-t-on appris ce vendredi 2 juin 2023.

Dans un arrêt rendu jeudi, révélé par le quotidien Ouest-France, la chambre criminelle de la Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par les époux, qui contestaient la remise de leur navire Téthys à l'agence de gestion et de recouvrement, décidée par le juge d'instruction en décembre 2021.

 

"Un esprit de lucre"

La Cour souligne la "gravité des faits", qui découle "du nombre de ventes de l'or prélevé sur l'épave du Prince de Conty", notamment aux Etats-Unis et au profit du British Museum de Londres.

LIRE : Pillage du Prince de Conty. 40 ans après, des lingots d'or refont surface aux Etats-Unis

Les ventes ont "procuré des sommes importantes aux personnes mises en examen au vu de l'enquête patrimoniale diligentée et de l'estimation, entre 16 et 18 kg, des monnaies d'or volées sur l'épave", indiquent les juges, évoquant l'ouverture de comptes aux Etats-Unis et en Suisse "dénotant une volonté de dissimulation" ainsi que la "qualité des biens vendus", à savoir des lingots d'or "soustraits au patrimoine archéologique et culturel français et mondial dans un esprit de lucre".

Le couple de 72 et 75 ans, qui dispose d'une maison à Brest, avait été mis en examen en mai 2022, pour recel de biens culturels provenant d'un vol commis en bande organisée, blanchiment en bande organisée, association de malfaiteurs et exportation illégale de biens culturels. Ils encourent jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle.

Naufrage près de Belle-Ile-en-Mer
Le Prince de Conty, navire de la Compagnie française des Indes orientales, de retour de Chine, a sombré corps et biens, à la pointe sud de Belle-Ile-en-Mer, le 3 décembre 1746. Sur les 229 hommes à bord, seuls 45 ont survécu au naufrage. Le navire a été englouti par les eaux bretonnes, emportant avec lui des trésors inestimables.

Immergée par 10 à 15 mètres de fond, dans une zone particulièrement difficile d'accès, l'épave était tombée dans l'oubli jusqu'à sa découverte en 1974 puis sa mise à sac l'année suivante. Un ancien plongeur-photographe professionnel avait été mis hors de cause dans un procès tenu en novembre 1983 à Lorient pour le pillage de la même épave.

Le couple a "continué à faire le tour du monde jusqu'à la saisie du bateau", selon l'arrêt de la Cour de cassation, qui note que "leur situation financière actuelle est favorable, constituée de leurs retraites et de l'assurance-vie de Madame, dont la valeur est de 232.300,88 euros" et "qu'elle leur permettrait potentiellement de continuer à s'adonner à leurs passions".

Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.

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