D'accord avec Kreuzer: le spectre des vendeurs d'objets usagés est très très large, allant de ceux qui font ça pour survivre (image du “biffin”, le chiffonnier) aux cupides les plus tordus, en passant par les amoureux du vieux, les bricoleurs, les opportunistes.
En haut de l'échelle (des prix, de la connaissance, etc.): les commissaires-priseurs pour les ventes aux enchères: au moins licence en droit + licence en histoire de l'art. Font les ventes (judiciaires ou volontaires). En général sérieux, de la marchandise de qualité, des grosses marges.
Un cran en dessous, le revendeur spécialisé (antiquaire ou numismate pro pour notre domaine); achète er revend en faisant sa marge. Connait parfois son domaine ;-) Pour nous, pour vendre à la côte, les numismates ne rachètent en gros qu'à la moitié de la côte ce qui nous fait les prendre pour des escrocs. Mais bon, s'ils veulent se sortir 2000 € de salaire mensuel, il leur faut sortir 4.000 euros bruts de marge….. Sans parler des charges d'exploitation, loyer, électricité etc.
Les antiquaires se caractérisent par leur goût pour le champagne dès 8 heures du matin, leur goût pour les beaux objets, leur compétence pour retaper (leurs objets) et la retape (du chaland). Font des dizaines de milliers de km par an, pour chiner, exposer, livrer, etc.
Sont avant tout “hors système”; ils sont aussi les rares à accepter encore les billets de 500 euros ;-)
Ensuite, les “brocs'”: là, la compétence est surtout dans les bras. ceux sont souvent eux qui débarrassent les maisons. Le mode de fonctionnement est simple: soit ils peuvent se payer sur la revente des biens et là, ils achètent ( et débarrassent en laissant la maison vide et propre). Soit les propriétaires récupèrent tout ce qui peut se vendre et là, le broc se fait payer pour débarrasser voire ne prend pas le chantier. Et là, il faut les comprendre: les gens qui ne veulent pas faire l'effort de vider leur maison mais ne veulent pas perdre le moindre centime devraient se demander pourquoi des tiers feraient le boulot fatiguant pour rien quand eux mêmes veulent ne pas travailler et toucher l'argent… Grand débat.
Et enfin, les vides greniers… Où normalement les particuliers ne peuvent vendre que “des objets personnels et usagés” au plus deux fois par an ;-) Sinon, il faut exercer comme professionnel et se plier à la législation appropriée. Soyons clair, personne ne respecte la législation sur “la vente au déballage” (articles L 310 et suivants Code de Commerce).
Là, c'est la cour des miracles: des vrais vendeurs particuliers et des “pros du vide grenier”, qui sont les pires selon moi. Ceux qui veulent le beurre et l'argent du beurre, s'estiment pro mais n'en veulent pas les contraintes (ne payent aucunes charges, n'assurent aucune garantie etc.) , sous prétexte qu'il faut bien se débrouiller.
Comme tous ces domaines sont perméables, ils est fréquent de voir dans les ventes aux enchères des acheteurs prendre des lots courants au moins cher (y compris en utilisant des méthodes proscrites) pour les revendre à l'unité sur les brocantes et vide-greniers. Le gang des grands-mères tricoteuses, assises au fond de la salle, et qui n'enchérissent jamais l'une sur l'autre mais s'opposent aux autres acheteurs …