bonjour
Dans l'émission Invitation au voyage diffusée sur Arte, ils ont parlé du Santa Rosa qui coula en 1726
Du coup, j'ai trouvé cet article
https://www.courrierinternational.com/article/1998/03/12/a-la-chasse-au-tresor-englouti
Brésil.A la chasse au trésor englouti
Le galion «Santa Rosa» gît par le fond depuis deux cent soixante-douze ans, avec sa cargaison évaluée à 500 millions de dollars. Une expédition d’archéologues recherche désespérément le lieu de l’épave à l’aide d’une technologie de pointe.
Le 6 septembre 1726, un terrible accident provoque la disparition en mer de l’un des navires les plus prestigieux de la flotte portugaise au XVIIIe siècle. Avec ses 70 canons répartis sur le pont, l’imposant galion Santa Rosa escorte un convoi de 55 caravelles chargées d’or qui viennent de lever l’ancre au Brésil, colonie portugaise, pour faire route vers l’Europe. Tout se déroule au mieux, lorsque, pour des motifs inconnus, surgit à bord un différend entre le capitaine Bartholomeu Freire de Araújo et ses marins. Quelqu’un en profite alors pour descendre au dépôt de munitions, où sont stockées plus de 4 tonnes de poudre, et fait sauter le navire. Des 700 membres d’équipage, seuls 3 survivront. La précieuse cargaison de plus de 3,5 tonnes d’or sombre et se trouve aujourd’hui encore, intacte, quelque part entre la ville de Recife et le littoral de l’Etat du Paraíba.
Près de trois siècles après le naufrage, le trésor du Santa Rosa fait l’objet de recherches menées à l’aide de satellites, de robots sous-marins et autres équipements sophistiqués, aux environs du cap de Santo Agostinho, à 35 kilomètres de Recife. Des chercheurs brésiliens du Centre de recherche archéologique sous-marine (Conpas) fouillent la mer à bord du Fantasia pour retrouver le Santa Rosa. Parmi les 1 500 naufrages répertoriés sur la côte brésilienne, le galion portugais, véritable joyau, et sa cargaison suscitent la convoitise des explorateurs. Il transportait dans sept coffres en palissandre des doublons pesant jusqu’à 53 grammes. Dans une vente aux enchères internationale, une seule de ces pièces pourrait atteindre le prix de 20 000 dollars. La totalité des pièces aurait une valeur de près de 500 millions de dollars.
Pour mettre la main sur ce trésor englouti, les explorateurs ont beaucoup investi. On estime que les recherches sur le littoral de l’Etat de Pernambouc ont déjà coûté 1 million de dollars. Les recherches peuvent être arrêtées sans que l’on retire de l’eau ne serait-ce qu’une ancre rouillée, mais, en cas de découverte de l’épave, il faudra investir davantage encore pour être en mesure de récupérer la cargaison, soit un budget de près de 4 millions de dollars. “C’est comme si on cherchait une aiguille dans une botte de foin, mais à l’aide d’une technologie de pointe”, explique Roberto Kerr, responsable de l’expédition. Les travaux de repérage sont minutieux. Ils ont commencé en 1995 et ont été interrompus à plusieurs reprises, car l’équipe ne peut travailler que l’été, quand les conditions de visibilité dans l’eau sont idéales. Depuis la mi-février, l’équipe du Fantasia se concentre sur 200 zones considérées comme de possibles lieux de naufrage du Santa Rosa. Le bois du galion, qui a passé près de trois siècles au fond de la mer, ne serait plus aujourd’hui qu’une masse informe, sur laquelle ont dû s’agglutiner des micro-organismes marins. Pour contourner ces difficultés, les explorateurs utilisent un appareil appelé magnétomètre, qui la présence de métaux au fond de la mer, ceux des canons en fonte, par exemple. L’équipe dispose également d’un robot de plongée pouvant fonctionner à une profondeur de plus de 100 mètres.
La couronne portugaise restait discrète sur la route des navires
Au Brésil, les expéditions les plus importantes ayant permis de localiser des navires naufragés n’ont pas donné lieu à des travaux scientifiques marquants pour l’archéologie moderne. Les découvertes de ces expéditions se trouvent aujourd’hui à l’Espace culturel de la marine, à la capitainerie du port de Rio de Janeiro. L’un des éléments les plus remarquables qui y soient exposés est un astrolabe en bronze retrouvé lors de la découverte du Sacramento, un galion qui a fait naufrage au large de Salvador en 1668. La pièce, fabriquée en 1624, est évaluée à 400 000 reais [2,1 millions de FF]. D’autres découvertes importantes dans les zones de naufrage, comme celles d’ossements de femmes et d’enfants sur les navires de guerre, ont été ignorées durant les recherches. Or “ce type de découverte mériterait un examen sérieux, dans la mesure où la présence de passagers de ce type n’était pas commune sur ces navires”, affirme Gilson Rambelli, archéologue et coordinateur du comité du patrimoine culturel sous-marin d’Icomos, organisation non gouvernementale implantée dans vingt pays et qui assure la sauvegarde des lieux de naufrage contre l’appétit des chasseurs de trésors.
Bien que le Santa Rosa ait fait l’objet de nombreuses convoitises, le trésor n’a jamais été retrouvé en raison du mystère qui entoure son emplacement. Pour des raisons stratégiques, la couronne portugaise ne divulguait pas le détail des routes des navires qui partaient chargés de richesses de ses colonies. On connaît certains éléments relatifs au naufrage grâce à la correspondance échangée entre le vice-roi de Bahia, Fernando de Menezes, et les conseillers du roi Jean V. Mais les documents officiels ne font pas état du lieu exact du naufrage. Pour compléter ce casse-tête, les seuls autres documents accessibles sont les rapports confidentiels de l’enquête menée par la cour portugaise sur les causes de l’explosion. L’équipe du Conpas a fait appel à six historiens pour reconstituer le trajet du Santa Rosa. Elle pense que les informations recueillies dans les archives européennes lui permettront finalement de retrouver ce fabuleux trésor englouti

